Article de presse – Le progrés.fr

Une seule en 2013, une dizaine aujourd’hui. Les boutiques de cigarettes électroniques continueront-elles d’essaimer dans l’ouest lyonnais ? Les vapoteurs sont en tout cas toujours plus nombreux à délaisser la cigarette traditionnelle. Ils seraient désormais entre un et deux millions en France pour 14 millions de fumeurs.

« Il y a eu trop de boutiques, trop vite »

Laurent Huchet, propriétaire de boutique

« L’objectif maintenant, c’est de convertir les autres », souligne Yves Charbit, propriétaire du magasin Sweet clope à Champagne-au-Mont-d’Or. Cet ancien directeur commercial dans une entreprise de vidéosurveillance a ouvert sa boutique après un licenciement économique. « Je fumais deux paquets par jour. Lorsque j’ai découvert la cigarette électronique, je me suis dit qu’il fallait la démocratiser. »

Il est le premier à avoir ouvert dans l’ouest lyonnais, en juin 2013. Auparavant les gens devaient aller à Lyon pour se ravitailler en e.liquide, ce mélange à base de nicotine, de propylène glycol et de glycérine végétale, qui remplace le tabac.

« On a coupé le gâteau en 10 »

Il n’est pas le seul à avoir flairé la bonne affaire. Dans la foulée, les commerces ont fleuri à Tassin, Charbonnières, Ecully ou Rillieux. « On a coupé le gâteau en 10 », constate le propriétaire du magasin JWell, à Craponne, qui, après une première année de forte croissance, n’espère rien de plus qu’une stagnation de son chiffre d’affaires. La concurrence aussi s’est diversifiée. « Même le cordonnier de l’Intermarché vend des cigarettes électroniques. L’autre jour, j’ai été démarché par des particuliers qui fabriquaient leurs propres e.liquide. Ils voulaient me le vendre ! À ce rythme, dans un an, on est mort ».

Pour fidéliser leur clientèle, les commerçants diversifient leurs produits avec des saveurs différentes, multiplient les cartes de fidélité ou des remises à partir d’un certain nombre d’achats. Ils comptent aussi sur les hausses successives du prix du tabac, qui pourrait encore augmenter de 30 cents l’année prochaine pour convertir plus de clients. Mais pour combien de temps encore ? « Le marché a explosé. Il y a eu trop de boutiques, trop vite. Trop d’opportunistes se sont lancés sans savoir dans quoi ils mettaient les pieds. Le marché va se rétracter puis se professionnaliser », considère Laurent Huchet, ancien trader à Londres, Paris puis Bruxelles, désormais propriétaire de la boutique Like cigarette, à Tassin.

Pour ce spécialiste de la finance, qui vient d’être promu à la tête du groupe pour lequel il était franchisé, il ne faut pas pour autant parler de saturation du marché. « Ce serait absurde. Tous les fumeurs sont des vapoteurs potentiels. C’est un marché extrêmement porteur. Je ne connais aucun fumeur qui, en se levant le matin, se dit devant la glace qu’il est content de fumer. » Son groupe envisage d’ailleurs de doubler le nombre d’enseignes dans l’hexagone, en passant de 25 à 50 commerces d’ici un an. Dans l’ouest lyonnais, le nuage de vapeur continue de se répandre.

H.L.

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